Le pari gagnant de SL Promotion. Entretien avec Emmanuel SIELINOU, Directeur Général Associé

Le pari gagnant de SL Promotion. Entretien avec Emmanuel SIELINOU, Directeur Général Associé

En tant qu’acteur de l’immobilier en Côte d’Ivoire, quelle appréciation générale portez-vous sur le secteur ? On le dit en plein boom, est-ce votre avis ?

Je préfère parler d’un secteur en pleine structuration plutôt que d’un boom. Il y a une vraie dynamique, portée par la croissance d’Abidjan et une demande de logements qui dépasse largement l’offre, surtout sur le segment intermédiaire. Le potentiel est immense, c’est certain, chez S.L Promotion, on le vit au quotidien à travers nos projets. Mais il reste du chemin pour que le secteur atteigne sa pleine maturité.

Quelles sont, selon vous, les contraintes majeures auxquelles les promoteurs immobiliers ivoiriens font face ?

Il y en a deux principales. D’abord, l’accès au financement bancaire, qui reste cher et souvent mal calibré par rapport à la durée réelle d’un programme immobilier. Ensuite, la sécurisation du foncier, les procédures peuvent être longues, parfois litigieuses, et ça demande une vraie expertise juridique en amont.

Si je dois investir dans l’immobilier en Côte d’Ivoire, quels sont les conseils que vous me donneriez ?

Le premier réflexe, c’est de vérifier la sécurité juridique du foncier (titre foncier, chaîne de propriété, absence de litige). C’est non négociable. Ensuite, je conseille toujours de choisir un opérateur qui maîtrise l’ensemble de la chaîne, de la conception jusqu’à la commercialisation, plutôt que de multiplier les intermédiaires. Il faut aussi raisonner sur le moyen terme, pas sur une logique spéculative. Et diversifier ses investissements entre différents segments selon le profil de l’investisseur.

Entre l’immobilier résidentiel et celui des bureaux, lequel est-il rentable en Côte d’Ivoire pour un investisseur ? Et pourquoi ?

Aujourd’hui, le résidentiel reste le segment le plus liquide en Côte d’Ivoire, la demande est structurelle et le cycle de commercialisation est plus rapide. C’est d’ailleurs sur ce créneau que nous concentrons une bonne partie de nos programmes. Le bureau peut offrir de très bons rendements locatifs, mais sur des emplacements Premium essentiellement et le marché y est plus étroit. Donc pour un investisseur qui cherche de la liquidité et une sortie maîtrisée, je recommande le résidentiel. Pour celui qui a de la patience et cherche, un rendement locatif récurrent, le bureau bien positionné a du sens.

Le financement de l’immobilier demeure un obstacle pour les promoteurs africains. Pourquoi les banques rechignent-elles à financer ce secteur et comment inverser la tendance ?

Leur prudence peut s’expliquer par le risque d’exécution des chantiers, le risque lié au foncier. Beaucoup de promoteurs, aussi, n’ont pas assez de fonds propres pour rassurer les prêteurs. Pour inverser la tendance, il faut des garanties mieux structurées, des partenariats solides, et davantage de transparence de la part des promoteurs eux-mêmes sur leurs comptes de programme. C’est en démontrant, projet après projet, notre rigueur d’exécution que nous gagnons la confiance de nos partenaires financiers.

On observe que les décisions des acquéreurs se construisent désormais autour de nouveaux paramètres : environnementaux, énergétiques…Comment faites-vous pour répondre à ces nouvelles exigences ?

C’est une tendance montante, même si le prix et l’emplacement restent encore les critères numéro un pour la majorité des acquéreurs ivoiriens. Chez nous, on y répond par des choix simples mais efficaces dès la conception : orientation bioclimatique, ventilation naturelle, matériaux qui limitent les besoins de climatisation. On intègre aussi de plus en plus le pré-équipement solaire sur certains programmes. C’est une demande qu’on voit monter, notamment chez la diaspora et les jeunes actifs, et on veut être précurseurs sur ce terrain plutôt que suiveurs.

Quelques mots sur la question du foncier avec son lot de procédures litigieuses, observez-vous une amélioration dans ce domaine ?

Sur ce sujet, je dois saluer les efforts engagés par le gouvernement ces dernières années. C’est un chantier de fond, qui prend du temps par nature, mais la direction prise est la bonne. De notre côté, en tant qu’opérateur, nous accompagnons cette dynamique en sécurisant chaque dossier foncier avec la plus grande rigueur, pour que nos projets bénéficient pleinement de ces avancées. Je suis confiant que, dans les années à venir, ces réformes porteront pleinement leurs fruits.

Comment voyez-vous l’évolution du marché immobilier ivoirien dans les prochaines années, au regard de l’environnement international et régional en forte tension ?

Je reste optimiste. La croissance démographique d’Abidjan et l’essor des villes secondaires vont continuer à porter la demande. Le contexte international peut renchérir le coût du financement, c’est vrai, mais la Côte d’Ivoire garde une vraie attractivité grâce à sa stabilité. Ce que je vois venir, c’est une consolidation du secteur : les opérateurs les plus rigoureux et les plus transparents vont se démarquer, et c’est exactement la place que nous voulons occuper avec Groupe S.L Promotion dans les années à venir.

Interview réalisée par A.S TOURE – ©Magazine BUSINESS AFRICA

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