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Strive MASIYIWA, un manager atypique au conseil d’administration de Netflix

Qualifié de non-conformiste, de « charismatique et controversé » ou de « Warren Buffett de l’Afrique », l’homme d’affaires zimbabwéen Strive Masiyiwa s’est bâti une réputation d’icône nationale, de philanthrope (il a récemment payé de sa poche les médecins zimbabwéens) et d’homme engagé (il a notamment défié pendant des années, l’ancien chef d’état zimbabwéen Robert Mugabe). C’est cet entrepreneur iconoclaste que le géant mondial du streaming Netflix, a choisi pour être membre de son Conseil d’administration. Sa nomination est assez révélatrice de l’intérêt croissant que Netflix accorde au continent africain et à son potentiel de milliards de clients.

Avant d’être un entrepreneur de renom, Strive Masiyiwa est d’abord une tête bien pleine. Il a fait ses études au Royaume-Uni, où il obtient son diplôme d’ingénieur, après avoir passé quelques années dans un pensionnat d’Édimbourg en Écosse. Il retourne au Zimbabwe après avoir terminé ses études, dans l’espoir de rejoindre le combat contre le régime minoritaire. Il crée alors sa première entreprise, une société d’ingénierie, en 1986 (avec un prêt bancaire de Barclays Bank) qu’il revendra quelques années plus tard avec une importante plus-value. Cette manne financière lui permet de lancer une bataille juridique épique d’une demi-décennie contre le gouvernement du Zimbabwe, pour le droit de lancer une société de téléphonie mobile privée dans le pays. Bataille qu’il remportera, non sans peine, et qui donnera naissance au groupe Econet.

Au début des années 2000, Strive Masiyiwa et le groupe technologique sud-africain Altech annoncent un partenariat d’un milliard de rands pour développer leurs activités sur les marchés de la région sud africaine, Altech apportant les liquidités et Econet injectant divers actifs de télécommunications. Moins de 20 mois plus tard, les sociétés annonçaient le rachat d’Altech par Econet.

Strive Masiyiwa lance alors Liquid Telecom, qui se spécialise dans la construction d’infrastructures sur tout le continent africain. Basée en Afrique du Sud, la société a levé des fonds importants sur les marchés financiers, pour la pose de fibre au Botswana ou la construction du plus grand centre de données du Nigéria. Liquid Telecom se positionne rapidement comme un fournisseur de référence pour les grandes entreprises technologiques qui s’implantent sur le continent, y compris Netflix, qui finit par faire appel à son promoteur dans son tour de table.

Au conseil d’administration de Netflix, Strive Masiyiwa remplace Susan Rice, qui était ambassadrice des États-Unis aux Nations Unies sous Barack Obama et récemment nommée directrice du Conseil de politique intérieure du nouveau président américain Joe Biden.

Issa CAMARA

© Magazine BUSINESS AFRICA – 2020

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