Paul-Harry Aithnard est Directeur G├®n├®ral dÔÇÖEcobank-C├┤te dÔÇÖIvoire, il dirige ├®galement lÔÇÖensemble des filiales de la banque panafricaine dans la zone UEMOA. Ceux qui ont travaill├® avec lui, louent son sens de la m├®thode, son s├®rieux et sa grande rigueur. Mais le banquier poss├¿de dÔÇÖautres qualit├®s, parmi lesquelles un franc-parler qui d├®tonne souvent dans le cercle tr├¿s convenu de la finance africaine. Ses interventions publiques, rares mais pr├®cieuses, sont r├®guli├¿rement scrut├®es et pass├®es au crible des analystes. En d├®clarant dans lÔÇÖ├®mission ┬½ Le d├®bat africain ┬╗ du 31 mai dernier sur RFI que ┬½Les banques nÔÇÖont pas r├®ussi ├á trouver les r├®ponses appropri├®es ├á la probl├®matique du financement des PME et du secteur informel en Afrique ┬╗, Paul-Harry Aithnard sÔÇÖest livr├® ├á un exercice dÔÇÖautocritique qui, dans le contexte actuel, sÔÇÖimposait in├®luctablement.
Un constat pr├®occupant
Pourtant, le banquier togolais nÔÇÖa fait que dire tout haut, ce que bon nombre de ses pairs pensent tout bas, sans jamais oser lÔÇÖaffirmer. Cette phrase qui sonne comme un aveu dÔÇÖimpuissance, nÔÇÖest pas une boutade, loin de l├á. Elle r├®sume parfaitement lÔÇÖincongruit├® de la probl├®matique du financement du secteur informel en Afrique, quand on sait que ce secteur repr├®sente, suivant les pays, entre 20 et 65% du produit int├®rieur brut (selon les chiffres du FMI). Sans verser dans le catastrophisme, M. Aithnard affirme pour le d├®plorer, que le constat est ┬½ plut├┤t pr├®occupant ┬╗ car le diagnostic a ├®t├® pos├® il yÔÇÖa longtemps et il est tout sauf reluisant. Il estime que malgr├® les efforts d├®ploy├®s par les banques, il faut se rendre ├á lÔÇÖ├®vidence : les sch├®mas traditionnels adopt├®s par les banques africaines, (├á lÔÇÖexclusion notable de celles des pays africains anglophones) ├á lÔÇÖendroit des PME, TPE et secteur informel sont aujourdÔÇÖhui inop├®rants. Ces sch├®mas sur lesquels les ├®tablissements financiers ont construit toute leur strat├®gie ├á lÔÇÖendroit de ce segment sp├®cifique, ne sont plus adapt├®s et donc vou├®s ├á lÔÇÖ├®chec. DÔÇÖo├╣ lÔÇÖappel que lance le banquier pour un v├®ritable ┬½ Yalta financier ┬╗ susceptible de d├®gager des pistes de solutions nouvelles pour mieux soutenir cette frange importante du tissu ├®conomique de nombreux pays africains.
Pour une synergie dÔÇÖaction
Pour ce faire, Paul-Harry Aithnard a lanc├® un appel aux banques, aux institutions de micro finance, au secteur public et aux bailleurs de fonds internationaux, afin de se mettre ensemble et trouver les moyens et outils innovants, susceptibles dÔÇÖapporter des r├®ponses appropri├®es ├á la probl├®matique de financement des PME et du secteur informel. Une id├®e, selon lui, toute simple mais r├®volutionnaire, serait de permettre aux banques dÔÇÖutiliser le t├®l├®phone portable pour offrir des solutions de financement aux PME et entrepreneurs du secteur informel. Cette id├®e nÔÇÖest pas une nouveaut├®, puisque certains pays africains anglophones notamment le Ghana, le Rwanda, ou lÔÇÖAfrique du Sud lÔÇÖont exp├®riment├®e avec succ├¿s et des progr├¿s consid├®rables ont ├®t├® r├®alis├®s en mati├¿re dÔÇÖinclusion financi├¿re. Mais sa mise en ┼ôuvre n├®cessite quelques pr├®alables: une r├¿glementation adapt├®e, des m├®canismes de garantie fournis par les institutions internationales de financement et bien ├®videmment la mise en place dÔÇÖun bon syst├¿me de suivi et ├®valuation. Des pr├®alables qui ne sont pas en de├º├á des capacit├®s des acteurs concern├®s parmi lesquels le secteur bancaire, aujourdÔÇÖhui ├á la crois├®e des chemins, et qui doit humblement sÔÇÖinterroger sur son r├┤le dans la cha├«ne des responsabilit├®s.
A.S. Tour├®
Laisser un commentaire