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Momar MBAYE, CEO de SENEF Parcours d’un passionné

On dit qu’être passionné, c’est déjà être convaincu de sa réussite ! La création d’entreprise est un parcours risqué, mais cela peut être une belle aventure si elle est motivée par la passion et si l’on sait bien s’entourer. La réussite de Momar MBAYE, est d’abord celle d’un passionné qui a su peaufiner sa fibre créatrice avant de franchir le pas de l’entrepreneuriat et de lancer SENEF, une entreprise spécialisée dans la création de logiciels Web de gestion et déjà une véritable référence dans son secteur d’activités.

Le parcours de Momar MBAYE, est d’abord un parcours de battant, le patron de SENEF est d’une énergie, d’une niaque et d’une volonté à faire redresser un fer à cheval. Son parcours, c’est aussi celui d’un entrepreneur engagé, car outre ses occupations de chef d’entreprise, Momar MBAYE a des préoccupations de citoyen qui l’ont conduit du mentorat de jeunes entreprises au Club des investisseurs sénégalais (CIS).

Des logiciels dédiés aux entreprises de services aux particuliers

Sept années passées à l’international, notamment aux Etats Unis, au Pays Bas, en Finlande et en Tunisie, ont convaincu l’entrepreneur franco-sénégalais de la nécessité de se lancer. Il crée SENEF sur un concours de circonstances.  Après deux années passées à exécuter un appel d’offres important de la gendarmerie nationale et alors qu’il s’apprête à repartir aux Etats Unis, une proposition va bouleverser son agenda. En effet, Momar est contacté par un ami qui lui propose un contrat pour la création d’un logiciel web dédié aux services à la personne. C’est de là qu’est né Progisap, la poule aux œufs d’or de SENEF, un logiciel qui fait référence dans son secteur et qui assure à l’entreprise 60% de son chiffre d’affaires. L’offre de SENEF est aujourd’hui constituée de toute une gamme de logiciels couvrant principalement 3 secteurs d’activités. Le Premier concerne les ERP de gestion conçus pour les entreprises de services aux particuliers et les résidences services sénior. Le deuxième a trait au secteur des « facilities management » c’est à dire les entreprises de propreté, de gardiennage et le troisième secteur est dédié à la gestion du personnel hôtelier ainsi que les résidences de tourisme. L’entreprise fait également du consulting pour des missions spécifiques.
Pourtant, les débuts furent tout sauf un long fleuve tranquille et le pari était loin d’être gagné.

Évangéliser le marché au « full web »

« Le développement des ERP requiert de la part du client une confiance totale. Il y a une dizaine d’années, quand nous lancions SENEF, ce n’était pas évident pour une entreprise de fournie toutes ses données à un prestataire. C’était plutôt la mode des licences et non le full web. Il fallait évangéliser le marché et ce n’était pas évident » fait remarquer Momar. Autre écueil, l’accompagnement des banques. « Nous étions rémunérés par des abonnements de petites mensualités. Les banques n’étaient pas intéressées ».  Mais, Momar avoue « Ce qui paraissait au début comme un inconvénient est aujourd’hui un avantage. Même en période Covid19 nous avons continué à accroitre notre chiffre d’affaires ».
Et l’Afrique, le Sénégal son pays d’origine, y songe-t-il ?
« Nous y pensons fortement notamment pour y développer des ERP. Dans ce domaine tout est à faire. Mais nous voulons faire du sur mesure, adopter une approche spécifique et surtout bien comprendre les besoins des entreprises, car il est évident que le tissu économique est différent de celui de la France ».

Prendre le temps de la réflexion avant d’agir

Quelle appréciation, l’entrepreneur a t-il de l’évolution de la transformation digitale des entreprises en Afrique ?
« Je pense que c’est assez lent. Les entreprises africaines n’ont pas encore pris la pleine mesure des enjeux de la digitalisation des process. Il y a une main d’œuvre pas chère et cela donne l’illusion de solutions viables mais qui ne sont qu’à court terme. Il faut faire de la pédagogie et expliquer qu’investir dans les systèmes d’information est beaucoup plus rentable.
Sur les perspectives de SENEF, Momar se veut confiant : « Nous allons continuer à développer nos activités de création de logiciels notamment en Afrique de l’ouest. Nous allons également y déployer l’expertise qu’on a acquis dans le secteur des services à la personne ». Bien prendre le temps de la réflexion avant d’agir, comme leitmotiv, et une fois la décision prise, avancer et persévérer, ne jamais rien lâcher.  Belle devise !

Propos recueillis par A.S. TOURE

© Magazine BUSINESS AFRICA – 2021

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