Malgré son intérêt économique et ses nombreux avantages pour l’assuré, l’Assurance-vie tarde à marquer le pas en Afrique. Ainsi, par exemple, cette branche représente moins d’un tiers du chiffre d’affaires de l’assurance en zone CIMA, alors qu’à titre de comparaison elle représente plus de deux tiers du chiffre d’affaires de l’assurance en Europe. Pourquoi ce faible engouement ? Quels en sont les principaux freins ? Le Magazine BUSINESS AFRICA a recueilli l’avis d’un expert en la matière, Papa Seyni THIAM, Directeur Général de NSIA Vie Assurance Sénégal. INTERVIEW
Pouvez-vous nous dire en quelques mots, ce qu’est l’assurance-vie et notamment ce qui fait sa particularité dans le contexte africain ?
Schématiquement, il y a les assurances de personnes et les assurances de biens. S’agissant des assurances vie, de personnes, il y a tout ce qui concerne les risques liés à la vie humaine, que cela soit la maladie, le décès ou la retraite.
La particularité qu’on a, c’est qu’en Afrique, notamment dans la zone Cima, l’assurance-maladie ne fait pas partie des assurances de personnes mais plutôt des assurances de biens.
Concrètement, quels sont les avantages que procure la souscription à une assurance-vie ?
L’objet de l’assurance-vie est d’accompagner les populations dans leurs projets de vie. Que cela soit pour l’épargne ou le décès. Il existe, bien sûr, des caisses de retraite dont le fonctionnement est basé sur le principe de la répartition, c’est-à-dire une sorte de solidarité inter-générationnelle qui permet aux populations actives de financer les pensions de celles qui sont à la retraite. Malheureusement, cette solidarité peut rapidement trouver ses limites lorsqu’il y a un déséquilibre entre les actifs et les retraités ou si l’indemnité ne couvre pas les charges au moment de la retraite. C’est là qu’intervient l’assurance-vie, qui vient en complément de la pension de base.
Cette retraite complémentaire fonctionne, elle, sur le principe de la capitalisation. C’est donc à l’assuré de s’organiser pour pouvoir bénéficier à sa retraite d’une pension conséquente.
Un autre produit que l’assurance-vie couvre, plus méconnu, est la protection, non pas contre la mort, mais contre les consequences financières de la mort. Ce produit garantit à la famille un capital ou une rente qui, en cas de décès du principal soutien de la famille, lui sera versé pour subvenir aux besoins financiers, assurer un certain niveau de vie et payer par exemple la scolarité des enfants.
D’ailleurs, s’agissant de la scolarité, le groupe NSIA a lancé un produit spécifique qui s’appelle « NSIA Études » et qui permet de prendre en charge la scolarité des enfants quoi qu’il advienne.
Lorsque l’on vous écoute, on a l’impression que l’assurance-vie est un produit presqu’indispensable, compte tenu de ses nombreux avantages. Pourquoi son taux de pénétration demeure en Afrique encore très faible ?
Le premier frein est, à mon avis, dû à la faible éducation assurantielle des populations.
Malgré les campagnes que nous faisons, les populations ont une grande méconnaissance des produits assurantiels.
En deuxième lieu, je pense qu’il y a une crise de confiance entre les populations et le secteur de l’assurance dans sa globalité et l’assurance-vie en subit naturellement les conséquences.
Beaucoup d’usagers des assurances auto se plaignent du manque d’indemnisation lorsqu’advient un sinistre. Ceci n’est pas toujours imputable à l’assureur mais à la méconnaissance par le client du produit d’assurance auquel il a souscrit. A titre d’exemple une assurance responsabilité civile ne couvre que les dommages causés au tiers. Il ne couvre pas les dommages subis par l’assuré lui-même. Ce dernier ne peut donc pas être indemnisé.
On constate dans certains pays africains le développement de micro-assurances, à l’image du micro-crédit. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
A NSIA Vie, nous faisions déjà de la micro-assurance, avant même que le code Cima ne l’organise formellement, d’ailleurs nous proposons une solution de couverture décès accessible dès 2 500 FCFA par an. Dans le cadre réglementaire actuel, ce produit s’inscrit davantage dans une logique d’accessibilité et d’impact social que de forte rentabilité immédiate pour une compagnie d’assurance.
Et qu’en est-il du Mobile-Assurances ?
Le domaine des services connaît une mutation profonde du fait de la technologie. Et nous, assureurs, sommes obligés de nous adapter à cette nouvelle donne.
Au niveau de NSIA, nous sommes dans cette dynamique en développant des solutions qui permettent à nos clients de suivre leurs contrats à distance via des plateformes digitales (web ou mobile), des moyens de paiement digitalisés via les wallets
N’y a t-il pas, néanmoins, un risque que cette absence de présence physique pourrait engendrer dans un domaine où le conseil d’un interlocuteur avisé est primordial ?
C’est pour cette raison que nous, les assureurs, devront faire preuve d’agilité. Autrement dit, il serait judicieux de garder les deux dispositifs, c’est à dire le mobile et la présence physique, jusqu’à ce que l’un prenne le pas sur l’autre. Car, il vrai que certains clients, notamment les personnes âgées, préfèrent le contact humain et se rendre au guichet d’une agence ; des fois c’est un grand réconfort pour eux. En revanche, les jeunes, plus habitués aux outils technologiques, seront plus enclins à utiliser leurs téléphones portables ou un autre « device ».
On a assisté ces dernières années, en Afrique, à un mouvement de regroupement de compagnies d’assurance. Pensez-vous qu’il s’agit d’une tendance forte ou plutôt conjoncturelle ? Et ne craignez-vous pas l’apparition de positions monopolistiques ?
Je pense que l’on doit aller vers ça, pour avoir des compagnies d’assurance financièrement solides et qui peuvent offrir des services de qualité internationale.
L’autre tendance forte dans le secteur concerne le développement de la bancassurance à l’image du groupe NSIA.
Faut-il craindre des positions monopolistiques ? Je ne crois pas, bien que des risques peuvent subsister. Mais je pense que le régulateur CIMA et les associations de consommateurs veilleront au grain.
Pour terminer, quelques mots sur NSIA vie Assurance- Sénégal et ses perspectives de développement ?
Nous venons de fêter nos vingt années d’existence. Durant lesquelles nous avons travaillé à imposer la marque NSIA sur le marché national. Ce qui fait qu’aujourd’hui nous sommes une référence dans le secteur.
Par ailleurs, nous sommes au Sénégal la première compagnie d’assurance certifiée ISO, depuis 2014 et nous maintenons cette certification jusqu’à ce jour. Pour parler de spécificité, je peux prendre pour exemple le délai de traitement d’un sinistre, qui est en moyenne de 10 à 15 jours au Sénégal. Chez nous ce délai est ramené à 72 heures.
L’autre aspect, c’est que nous travaillons fortement sur la satisfaction du client. Un questionnaire est remis à chaque client qui passe dans nos agences afin d’évaluer son degré de satisfaction.
Nous réalisons chaque année, à travers une grande enquête, les attentes de notre premier client, qui n’est autre que nos collaborateurs. S’ils ne sont pas à l’aise, il leur serait difficile de délivrer un service de qualité. En termes de perspectives, juste rappeler que souscrire à une assurance vie, c’est investir non seulement dans son propre avenir, mais aussi dans celui de ceux qui comptent le plus pour vous et NSIA Vie Assurances se tient à vos côtés pour transformer cet engagement en une protection durable, porteuse de sens et de confiance.
Interview réalisée par A.S. TOURE – ©Magazine BUSINESS AFRICA






















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