Khady Kon├®-Dicoh est Directrice dÔÇÖinvestissement chez Amethis, un gestionnaire de fonds dÔÇÖinvestissement, op├®rant exclusivement sur lÔÇÖAfrique. Elle a la responsabilit├® de trouver des opportunit├®s dÔÇÖinvestissement pour le fonds, de mener les ┬½ due diligence ┬╗ pr├®alables et dÔÇÖaccompagner par la suite les entreprises dans lesquelles le fonds a investi, en si├®geant notamment dans leurs conseils dÔÇÖadministrations. De formation pluridisciplinaire (Master of Science in Management de lÔÇÖEM Lyon, London Business School, Ma├«trise en Droit des affaires) Khady Kon├®-Dicoh ├®tait Manager dans le d├®partement des fusions et acquisitions ├á la Soci├®t├® G├®n├®rale Paris, avant de rejoindre, en 2013, Amethis.
Pouvez-vous nous dire quelles sont les sp├®cificit├®s dÔÇÖAmethis ?
Amethis est un gestionnaire de fonds dÔÇÖinvestissement cr├®├® en 2012 en partenariat avec le groupe Edmond de Rothschild. Amethis investit exclusivement en Afrique. AujourdÔÇÖhui une ├®quipe dÔÇÖune trentaine de personnes y travaille, r├®partie sur trois bureaux sur le continent africain : un bureau ├á Abidjan, un au Maroc et le troisi├¿me au Kenya.
Nous avons ├®galement deux bureaux en Europe : en France et au Luxembourg.
Amethis totalise 725 millions dÔÇÖ euros en actifs sous gestion, ce qui en fait un acteur majeur du secteur. Nous avions lev├® un premier fonds de 250 millions dÔÇÖeuros que nous avons enti├¿rement investis. Ensuite nous avons acquis un gestionnaire au Maroc et nous venons de lever notre deuxi├¿me fonds qui sÔÇÖ├®l├¿ve ├á 375 millions dÔÇÖeuros. Une des particularit├®s dÔÇÖ Amethis, cÔÇÖest que nous avons lev├® notre premier fonds, aupr├¿s dÔÇÖacteurs priv├®s ├á 90% alors que traditionnellement cÔÇÖest aupr├¿s des banques publiques de d├®veloppement.
Sur le deuxi├¿me fonds que nous venons de lever, en plus des acteurs priv├®s, nous avons la chance dÔÇÖaccueillir des banques de d├®veloppement comme IFC, BPI, BEI, PROPARCO, CDC et DEG qui repr├®sentent un tiers du montant total de la lev├®e de fonds.
Êtes-vous toujours à la recherche de nouveaux projets dans lesquels investir, ou vous concentrez -vous sur les projets en cours ?
Nous sommes toujours ├á la recherche dÔÇÖentreprises ambitieuses ├á accompagner via notre deuxi├¿me fonds, Amethis II. Parall├¿lement nous sommes bien s├╗r dans un processus de consolidation des entreprises dans lesquelles nous avons investi, qui sont aujourdÔÇÖhui au nombre de 22. Nous avons ├®galement effectu├® avec succ├¿s quelques ┬½ exit ┬╗ dont celui de Petro-Ivoire et plus r├®cemment dÔÇÖune soci├®t├® marocaine, Dislog. Nous avons dÔÇÖautres sorties en cours.
Concr├¿tement, quÔÇÖapporte Amethis aux entreprises dans lesquelles le fonds investit ?
Tout dÔÇÖabord, dÔÇÖune mani├¿re g├®n├®rale, nous investissons dans les pays africains qui ont r├®ussi ├á diversifier leur ├®conomie et donc ├á ├¬tre moins d├®pendants des mati├¿res premi├¿res.
Ensuite nous choisissons les champions nationaux avec des ambitions r├®gionales, que nous accompagnons dans leur croissance.
Cet accompagnement se fait par plusieurs moyens mais sch├®matiquement sur trois volets principaux.
Le premier est la gouvernance en essayant de rationaliser le plus possible le processus de d├®cision, quÔÇÖil soit juridique, commercial ou organisationnel.
Le deuxi├¿me volet concerne le r├®seau. Il sÔÇÖagit de faire b├®n├®ficier ├á lÔÇÖentreprise dÔÇÖun vaste r├®seau de partenaires commerciaux et financiers et de lui faire b├®n├®ficier de nombreuses opportunit├®s dÔÇÖaffaires.
Le troisi├¿me volet concerne la strat├®gie. Nous soutenons lÔÇÖentreprise dans le d├®ploiement de sa strat├®gie commerciale mais aussi de r├®gionalisation ou de croissance externe.
Quelles sont, dans votre activit├®, les principales contraintes ?
Avant de parler des contraintes, je voudrais dire quelques mots sur ce que nous constatons de positif.
Nous nous rendons compte que le climat des affaires dans les pays o├╣ nous travaillons sÔÇÖam├®liore consid├®rablement. Ce qui est tr├¿s favorable en termes de perspectives de croissance.
Nous constatons dÔÇÖailleurs dans certains de ces pays, une croissance autour de 7% notamment en C├┤te dÔÇÖIvoire ou au Ghana mais aussi dans certains pays dÔÇÖAfrique de lÔÇÖEst.
Ceci permet de contrebalancer le poids que lÔÇÖAfrique du Sud avait dans le Private Equity.
On constate ├®galement dans plusieurs pays des efforts vers la stabilit├® politique.
En somme les fondamentaux sont là et cela est très positif.
La difficult├® est de trouver la bonne qualit├® de relation avec les entreprises dans lesquelles nous investissons.
Il faut un vrai alignement des attentes des deux parties et ce, d├¿s le d├®part. D├¿s les premi├¿res phases de n├®gociation, nous devons ├¬tre certains dÔÇÖavoir trouv├® des partenaires de qualit├® qui ont cette envie sinc├¿re dÔÇÖavoir un fonds dÔÇÖinvestissement ├á leurs c├┤t├®s, qui va les aider ├á am├®liorer leur strat├®gie et leur gouvernance, et ├á soutenir leur croissance. Il faut cr├®er la bonne relation et la maintenir. Et sÔÇÖappuyer sur un management qui est suffisamment flexible.
Avez-vous eu à faire à des collaborations difficiles, ou des situations de crise ?
Comme dans tout mariage, il yÔÇÖa parfois des moments difficiles.
CÔÇÖest pour cela que jÔÇÖ├®voquais le fait dÔÇÖavoir un management flexible et la qualit├® de la relation avec lÔÇÖentreprise.
Sur le premier fonds on a r├®ussi une certaine diversification g├®ographique, on est rest├® dans des secteurs quÔÇÖon conna├«t bien et qui sont boost├®s par une classe moyenne.
Les choses se sont, dans lÔÇÖensemble, bien pass├®es. On a fait des sorties r├®ussies. Nous esp├®rons quÔÇÖil en sera de m├¬me pour les partenariats qui seront issus de cette deuxi├¿me lev├®e de fonds que nous venons de r├®aliser.
Interview r├®alis├®e par A. Tour├®
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